Les médias - revue de presse

LES MEDIAS
"A stupid's man report of what a clever man says is never accurate, because he unconsciously translates what he hears into something that he could understand." Bertrand Russell, History of Western Philosophy, p. 90.
Routledge, London reprinted in 2005, ISBN 0415-32505-6 "Ce qu'un homme stupide rapporte de ce qu'a dit un homme intelligent n'est jamais fidèle, parce qu'inconsciemment il traduit ce qu'il a entendu en une chose qu'il est capable de comprendre." Dans le présent dossier seront donnés quelques exemples caractéristiques extraits de la presse (surtout belge, parfois française ou suisse) qui montrent à quel point, sous prétexte de "démystification", les maladies mentales continuent pourtant à faire l'objet d'une véritable mystification, pernicieuse comme le sont toutes les mystifications, parce qu'elle entretient la désinformation, le plus souvent sans doute sans que les journalistes eux-mêmes soient conscients qu'ils y participent.
Espérons que la liste ne s'en allonge pas indéfiniment.
Première publication: 8 juin 2001 Dernière modification: 3 mars 2008 Communication divergente = strabisme convergent? Pistons la schizophrénie à reculons.
Déficit: d'information ou de thérapeutique? PEPS: alphabétisation par correspondance Tous les chiens qui mordent aboient-ils d'abord? La psychanalyse: thérapeutique ou religion? L'amour entre hérissons? Avec des précautions! Cause à ma tête, (le bas de) mon dos est fatigué Les neurones à la lanterne. Cognition = Oppression Les donneurs de bémols connaissent-ils la musique? Hallucinations = Facultés extrasensorielles Indécrottable nostalgie de théories obsolètes Plus les Belges sont nombreux à être fous.
Interprétation journalistique et humoristique (?) de la psychose Le constat du présent serait-t-il devenu la prédiction du passé? 01. La fausse chasse aux préjugés.
Mis en ligne le 8 juin 2001, sous l'intitulé Journalists say that when a dog bites a man, L'exception cache la règle
that is not news, but when a man bites a dog, paru le 26 avril 2001 dans Le Soir en ligne
(Les journalistes disent que quand un chien mord "Santé: Un schizophrène primé.
Chasser les préjugés"
quelqu'un, ce n'est pas une nouvelle, mais quand par Hermine Bokhorst
quelqu'un mord un chien, ça, c'est une nouvelle.) Steven Pinker, The Language Instinct. L'idée selon laquelle seul ce qui est exceptionnel vaut la peine d'être rapporté, seul l'inhabituel, le sensationnel est digne d'intérêt, cette idée-là est très répandue dans l'opinion publique. La presse et les médias, par leurs choix des sujets abordés et la manière de les présenter, entretiennent cette vision des choses. Conséquence de ce systématique parti pris de sensationnel, on néglige, donc on efface l'importance première de l'apparente banalité, de cette "règle que l'exception confirme". On oublie que l'exception ne tire son intérêt à nos yeux que du contraste qu'elle fait avec la règle qu'elle semble contredire, et que la curiosité qu'elle suscite est d'autant plus marquée que la règle "confirmée/contredite" est plus générale et, surtout, bien connue de tous (par contre, comment s'étonner de l'exception, comment en juger, l'admirer ou, au contraire, la condamner, si la règle Dans un articulet intitulé "Santé: Un schizophrène primé. Chasser les préjugés", la journaliste
rapportait son interview d'une personne atteinte d'une psychose chronique (appelée "schizophrénie paranoïde et psychose endogène" [sic]!) et qui, malgré ce handicap très lourd, a
reçu une récompense de 400.000 BEF de la Fondation belge de la Vocation.
Réjouissons-nous pour cette personne dont les mérites ont été reconnus et espérons pour elle que l'avenir se montrera désormais un peu plus clément à son égard. Cependant, avant de tourner la page pour passer à une autre "information", comme sans doute le feraient la plupart des lecteurs, peut-être devrions-nous nous attarder un peu sur les motivations qui pourraient avoir poussé la journaliste à écrire sur ce sujet en particulier. Nous pourrions aussi tenter de faire apparaître en pleine lumière ce qui, dans sa rédaction, est resté implicite, le "non-dit" peut-être le plus important, et nous pourrions imaginer les raisons de ce silence.
Ce qui, manifestement, a justifié la publication de ce petit article, c'est qu'on a estimé que l'événement rapporté revêtait un caractère exceptionnel. Ce sont les mêmes raisons qui, d'habitude, incitent les journaux à relater les circonstances de l'achat des billets gagnants de la Loterie Nationale ou du Loto, et à décrire les caractéristiques personnelles des heureux bénéficiaires d'un pactole d'autant plus fabuleux qu'il est extraordinaire (littéralement) et n'échoit qu'à un nombre infime d'élus désignés par le hasard. A pareille occasion, on se soucie peu de la multitude de tous les autres joueurs rentrés chez eux bredouilles et on n'en parle évidemment pas, car ils représentent la majorité banale et dépourvue d'intérêt (ils savaient ce qu'ils faisaient, ils n'y étaient pas obligés; ils n'ont pas gagné, mais ils n'ont perdu que leur mise, voilà tout). De plus, comme tout le monde connaît les conditions et règles du jeu, il est inutile de les rappeler: l'extraordinaire saute aux yeux sans qu'il soit besoin de rappeler l'ordinaire.
Alors que cette fois il est question de malades mentaux et non plus de joueurs, n'est-ce quand même pas pour les mêmes raisons qu'on trouve tout aussi inutile de dire combien de malades mentaux chroniques (ordinaires) n'ont pas eu la même "chance" que la personne (extraordinaire) interviewée? Est-ce donc parce qu'on veut croire qu'ici aussi, tout le monde connaît assez bien les circonstances "du jeu" pour qu'il soit superflu de les rappeler? En réalité, on nous suggère que l'événement rapporté est extraordinaire sans nous expliquer pourquoi il l'est, sans dire combien il est exceptionnel et improbable. On fait comme si tout le monde savait pourquoi, alors que peu de gens le savent vraiment. On s'attend donc à ce que nous admettions sans comprendre, à ce que nous admirions de confiance l'extraordinaire (que nous "positivions") sans réellement rien vouloir savoir de l'ordinaire et banal (que nous ne "négativions" pas), même si nous soupçonnons - mais n'osons découvrir - qu'il nous serait Sous prétexte de "positiver" (par rapport à quoi?), ne jamais évoquer que "l'heureuse" exception, sans expliquer en quoi elle est exceptionnelle, est-ce la bonne manière de "positiver"? Chasse-t-on efficacement les préjugés sans d'abord les débusquer, les exposer, en démontrer l'inanité? Ne serait-il pas plus utile, et donc plus "positif" d'informer vraiment sur les maladies mentales chroniques et le vécu quotidien des quelque 100.000 malades mentaux psychotiques chroniques de notre pays, pour n'avoir plus besoin de monter en épingle "positive", à l'occasion seulement d'une "Année de la Santé Mentale", l'un ou l'autre exemple exceptionnel de tirage d'une sorte de 02. "Du fait même du tabou qui les frappe,
Mis en ligne le 30 juin 2001, sous l'intitulé il est difficile d'établir précisément l'ampleur
Le tabou a bon dos en réaction à l'article
de ces maladies [mentales]".
paru le 12 juin 2001 dans Le Soir en ligne
Cette affirmation ne fait que tendre à renforcer encore "Le combat pour le bien-être"
une légende depuis longtemps entretenue dans les par Xavier Flament
milieux "psycho-para-médico-sociaux"; un examen quelque peu critique la réduirait pourtant facilement à néant.
En effet, si, dans notre pays, le tabou était effectivement responsable de l'absence de données épidémiologiques fiables sur les maladies mentales, comment alors expliquer que des statistiques assez précises existent par contre en ce qui concerne les M.S.T. (les maladies sexuellement transmissibles, parmi lesquelles le SIDA)? Depuis longtemps et aujourd'hui encore, ces maladies-là sont, elles-aussi, très fortement marquées de tabou, tout le monde le sait, y compris Ici, selon toute vraisemblance, le journaliste crédule (et peu critique) n'a fait que répéter de confiance ce que des "experts autorisés" lui ont dit. Il n'a entendu qu'un son de cloche. Un peu à la manière de celui qui, pour rendre compte d'une grève, se contenterait du seul point de vue des responsables dirigeants et ignorerait délibérément celui de leurs employés grévistes ou des Si les maladies mentales graves (par exemple les psychoses) "ne sont pas bien diagnostiquées", c'est parce qu'à aucun moment de notre histoire, ni nos "experts", ni les décideurs politiques qu'ils conseillent n'ont jamais voulu reconnaître l'ampleur réelle des moyens (temps, ressources humaines, institutions, donc ressources financières) à mettre en oeuvre pour y parvenir. Les maladies mentales graves ne se diagnostiquent pas entre deux portes ni en trois coups de cuiller à pot, les traitements adéquats ne se décident pas non plus en quelques minutes d'apparente réflexion. Cela requiert souvent des mois de tâtonnements fort pénibles! 03. "La coordination sociale et culturelle de
Mis en ligne le 30 juin 2001, sous l'intitulé Rixensart tient à démystifier la santé mentale"
La mystification en réaction à l'article
paru le 22 juin 2001 dans La Dernière Heure
Sous le titre "Ah, ces monstres intérieurs!", on nous offre cette belle phrase révélatrice (à la manière des lapsus "Ah, ces monstres intérieurs!"
freudiens, pour ceux qui y croient ou aiment cela) de la par Virginie Stassen
confusion qu'on entretient entre mythes et mythification d'une part, mystification et démystification d'autre part. Si on parle de démystification, c'est-à-dire de dénonciation de mystification, c'est que, "quelque part", il y a mystification. Et pour le "Petit Robert", une mystification, c'est une tromperie collective, d'ordre intellectuel, moral. La "santé mentale" serait-elle donc une mystification? Cette question en fait naître une autre: dans ce cas, qui sont-ils donc, les mystificateurs? Si on ne nous le dit pas, serait-ce par crainte de la naphtaline ou de 04."La Ligue [bruxelloise francophone pour
Mis en ligne le 30 juin 2001, sous l'intitulé la santé mentale] lutte en effet contre la
Santé mentale stigmatisée
stigmatisation de la santé mentale, ravalée
paru le 27 juin 2001 dans Le Soir en ligne
"spontanément" au champ étroit et effrayant
de la folie"
"La santé mentale sans écran total"
par Xavier Flament
On a déjà dit ailleurs ce qu'on pouvait penser de la soi-disant "stigmatisation" des malades mentaux et de la maladie mentale. Ici, le journaliste nous présente un concept apparemment nouveau: celui de la stigmatisation de la santé mentale. A la lecture de cet article, il n'est guère possible de décider qui, de la Ligue bruxelloise francophone pour la santé mentale, ou du journaliste, s'empêtre dans les concepts, métaphores et formules En effet, si, comme son nom tendrait à le faire croire, la "Ligue bruxelloise francophone pour la
santé mentale" est une association oeuvrant (?) POUR la santé mentale, elle-même ne peut que la
porter en haute estime et ne peut la considérer, sûrement avec nous tous d'ailleurs, que comme un état souhaitable et désiré. On imagine mal que quiconque de bon sens puisse la stigmatiser, à moins d'être affligé de sérieux troubles du langage, ou d'être gravement brouillé avec la L'état de santé pour lequel cette association s'investit, on le transformerait donc (on le "ravalerait
spontanément") en folie effrayante confinée dans un "champ étroit" (de l'ordre de 3% de la Après cette lecture, serait-on inexcusable si on s'imaginait (sûrement à tort!) que la "Ligue bruxelloise francophone pour la santé mentale" ne s'occuperait, peut-être, que de ceux qui ne rentrent pas dans "le champ étroit et effrayant de la folie", c'est-à-dire si on pensait (certainement en se trompant!) que cette association aurait décidé d'ignorer les ["quelques pauvres milliers de"] malades mentaux psychotiques chroniques de la Région Bruxelloise, du Brabant wallon et de Wallonie ("faire l'impasse", comme on dit)? Soyons sûrs, au contraire, que pareille interprétation ne correspondrait en rien à la réalité et qu'elle ne serait que le résultat de la lecture superficielle d'un texte d'une technicité trop ardue pour le commun des mortels.
Accessoirement, dans ce même article, il est fait mention de "la découverte freudienne de
l'inconscient". Une fois de plus, on entretient la mystification et, comme à plaisir, on encourage
et on pérennise la désinformation. Tout le monde, aujourd'hui, sait ou devrait savoir que Sigmund Freud n'a, en fait, jamais rien découvert. Il n'a jamais fait que tout inventer, tout imaginer, y compris le "résultat favorable" des cures qu'il prétendait avoir lui-même menées à leur terme et à bien. C'était peut-être son droit, quoiqu'aujourd'hui, pareille attitude provoquerait un tollé général et serait plutôt considérée comme le fait du gourou de l'une ou l'autre secte plus ou moins suspecte. Mais il n'avait pas le droit de faire passer ses "inventions" pour des vérités scientifiques, et ceux qui se réclament de lui ne rendent pas service à leur cause ni à ceux qu'ils prétendent "soigner". Invoquant un menteur notoire, ils se discréditent eux-mêmes.
05. "Ainsi, l'année 2001 a été déclarée
Mis en ligne le 6 août 2001, sous l'intitulé comme étant l'année de la santé morale,
Humour et santé morale en réaction à
afin de sensibiliser davantage le grand
l'annonce parue le 28 juin 2001 dans La Dernière Heure
public."
"Des scènes traitant des troubles
Cette perle de "lapsus freudien" a été ramassée dans mentaux avec humour" signé N. D.
l'édition en ligne (section Ath - Tournai) de la Dernière Heure. Est-ce l'humour involontaire du (de la) journaliste qui transparaît, ou bien faut-il réellement améliorer la moralité du grand public? 06. "Si on arrive à comprendre la
Mis en ligne le 22 septembre 2001, sous l'intitulé situation, dans sa dimension
Développement imaginé en réaction à
psychologique, on peut imaginer que
l'article paru le 20 juillet 2001 dans Le Soir en ligne
leur développement reprenne."
"A quoi sert un pédopsy" par William Bourton
Voilà ce que nous affirme une pédopsychiatre interrogée à propos du rôle de ces spécialistes auprès d'enfants malades. O.K., O.K., d'accord, d'accord, mais on aimerait quand même mieux que leurs traitements et les espoirs qu'on y place ne se basent pas que sur leur imagination.
07. "A travers un premier axe, centré sur la
Mis en ligne le 6 octobre 2001, sous l'intitulé santé mentale, il encourage les actions qui
A travers les axes en réaction à l'article
permettent de donner psychiquement aux
Le Journal du Médecin (N° 1372, p. 11)
personnes blessées un accès à la parole"
"Des axes pour un immense chantier"
Voilà, rapportées par Mr Thierry Goorden, les par Thierry Goorden
intentions du ministre wallon des Affaires sociales et de la Santé, Mr Thierry Detienne. On pourrait se demander s'il s'agit d'actions de télépathie ou d'opérations de calcul mental? Un peu plus loin et, sans nul doute à bride abattue, Mr Thierry Goorden nous dit: "Thierry Detienne souhaite encore, au-delà de l'abattement des
frontières, garantir la professionnalisation des interventions,." (Cela voudrait-il dire
que le ministre - ou le journaliste - a de l'abattage? ) Qu'à cela ne tienne, ne nous laissons pas 08. "Sur le plan individuel, l'important est
Mis en ligne le 3 novembre 2001, sous l'intitulé davantage de se décaler pour éviter
Décalons l'engrenage en réaction à l'article
l'engrenage. Et reconnaître à temps la
paru le 19 octobre 2001dans Le Soir en ligne
course de l'imaginaire."
"Je suis parano et je me pourris le vie"
par Nathalie Cobbaut
C'est sur cette phrase tout à la fois empreinte d'une poésie sibylline et émaillée de métaphores mécanistes et peut-être sportives (quelle course?) que Nathalie Cobbaut conclut son interview d'un thérapeute (psychanalyste) à propos de la paranoïa. Vous ne la comprenez pas? Ne vous en faites pas pour cela, car l'important n'est pas de comprendre.
On y trouve aussi: "Notre personnalité s'élabore autour de l'image que l'on a de soi et
que l'on offre aux autres."
Ce qu'il y a d'admirable dans les affirmations des psychanalystes, c'est qu'on peut retourner leurs phrases et qu'ainsi renversées, elles ont autant, sinon plus de signification que dans leur "sens" original. C'est ainsi qu'on aurait pu dire "L'image qu'on offre aux autres et qu'on a de soi s'élabore autour de notre personnalité." Mais il vaut mieux ne pas tenter d'en discuter avec eux.
("Je suis parano et je me pourris le vie." (sic) On aura remarqué le "lapsus calami excessivement freudien" qu'on s'est permis de souligner.) 09. "Si on estime, par exemple, que la santé
est simplement l'absence de maladies, ce sont
sous l'intitulé A l'affût de l'absence
de toute évidence avant tout ou quasi
en réaction à l'article paru le 13 novembre 2001 dans Le Journal du Médecin, N°1385, p. 4
exclusivement les médecins et leurs
auxiliaires qui doivent s'occuper de la santé."
"Trois approches et leurs
conséquences" par Maurice Einhorn
Cette option est évoquée, mais pour aussitôt l'écarter, par le Dr Norman Sartorius, psychiatre, ancien président de l'Association Mondiale de Psychiatrie.
On sait bien que les "traitements psychiatriques" ne sont pas curatifs; il est tout aussi notoire que les psychiatres ne peuvent se soucier des manifestations résiduelles des maladies mentales et de leurs multiples conséquences, puisqu'elles surviennent avant, pendant, mais aussi après qu'ils aient "fait tout ce qu'ils pouvaient". Les psychiatres ne sont pas des assistants sociaux, c'est évident. D'où il semble découler, de manière tout aussi évidente pour ce psychiatre, que la "santé mentale", ce n'est pas simplement l'absence de maladie mentale (en l'absence de psychiatres), ce serait aussi tout ce dont les psychiatres n'ont pas à s'occuper quand ils ne sont pas là, c.q.f.d.
Mais alors et dans ces conditions, que diable les psychiatres iraient-ils faire dans
cette galère? Pourquoi, s'ils se disent médecins, s'occuperaient-ils de "santé
mentale"?
10. "Car cette année [2001] était bien celle
de la santé et non de la maladie mentale.
sous l'intitulé Vive la non-différence
Où s'arrête l'une, où commence l'autre?
paru le 1 janvier 2002 dans La Libre Belgique
Eternelle question."
"Les psys doivent sortir du bois"
Voilà, entre autres profondes considérations, ce qu'on peut par Laurence Bertels
apprendre des préoccupations du directeur de la "Ligue
Bruxelloise francophone pour la santé mentale".
Quand donc les journalistes et ceux qu'ils (elles) interviewent apprendront-ils (elles) qu'il est encore beaucoup plus important de poser les bonnes questions que de ne pas tenter de
répondre aux mauvaises?
Car, posée dans les termes cités plus haut, cette interrogation de pure rhétorique pseudo-psycho-sociale a autant de sens que cette autre "éternelle" question: où s'arrête donc la bêtise (le fait-elle jamais?), et où commencent le bon sens et l'intelligence? En tout cas, depuis le mois d'aout 2001 quand, de son propre aveu, "l'explication" de la santé mentale lui échappait constamment (voir l'article Année 2001, point 6), il semblerait que le directeur de la "Ligue Bruxelloise francophone pour la santé mentale" ait désormais rattrappé la question, puisqu'il dit "agir" pour la santé mentale, et on peut supposer qu'il sait ce qu'il fait et ce Et ce qui apparaît encore plus clairement au travers des propos de son directeur, c'est que la Ligue Francophone ne se préoccupe que de la "santé mentale", c'est-à-dire des gens dont la tête n'est pas malade, et non des malades mentaux! Bien-portants, tenez-vous bien, la "Ligue" se préoccupe de vous! Et les familles des malades mentaux, quant à elles, elles savent maintenant à quoi s'en tenir 11. "Eole réoriente les patients"
Mis en ligne le 1 février 2002, sous l'intitulé "Allô Eole, mon patient est malade.
Du vent pour psys branchés
Je l'envoie où?"
"Eole, à l'écoute des aides de 1re ligne"
par Janine Claeys, Le Soir en ligne
"On n'arrête pas le progrès"; "nous vivons une époque Laurence Bertels, La Libre Belgique
formidable"; "où allons-nous?" etc., etc.
et par Jo. M. , La dernière Heure
Plutôt que de réorienter les patients, comme le titre du Soir le suggère d'abord, il semblerait que cette très remarquable "initiative" aurait pour objectif officiel de réconforter - par téléphone - les médecins généralistes désorientés appelés au domicile d'un Mais, attention! Les médecins en détresse, en cas d'urgence et de perplexité, ne
pourront appeler l'équipe psy pluridisciplinaire et voyante extra-lucide à distance
qu'entre 10 et 17h, du lundi au vendredi seulement (c'est bien connu, les crises
psychiatriques ne surviennent jamais qu'aux heures de bureau et pendant les jours "ouvrables" ;^}).
L'aide au diagnostic et à la thérapeutique par téléphone, ça n'est pas nouveau. Cependant, les Ordres des médecins de tous les pays l'ont toujours très nettement déconseillée (c'est une litote).
On devait se douter que les psys, grâce à leurs dons extra-sensoriels multiples, ne sont, bien sûr, pas visés par ces mises en garde dont le bien-fondé semble leur échapper.
Sans doute n'ont-ils pas non plus obtenu de subsides suffisants pour envoyer eux-mêmes leurs propres équipes pluridisciplinaires sur place. A moins qu'ils n'aient pas voulu y penser? Ou qu'ils n'aient pas voulu empiéter sur les prérogatives des "aides de 1ère ligne"? Pourtant, pareilles équipes, envoyées "sur le terrain", auraient enfin pu apprendre à leurs membres, de "première main" et par la pratique, si on peut dire, en quoi consistent les crises et urgences psychiatriques survenant dans le monde réel. Ainsi, dans quelques années peut-être, aurait pu apparaitre, enfin, une espèce nouvelle de psys: ceux nourris de réalité concrète et non plus seulement d'indigestes Pour tous ceux, analystes et autres, qui croient au subconscient, à l'inconscient, etc., ignorent-ils ou bien savent-ils et l'auraient-ils oublié? Eole, qui était-ce? C'était, dans la mythologie grecque antique, le dieu des vents. Hélàs, il faut vivre avec son temps, le progrès n'est pas toujours ami de la poésie: aujourd'hui, on ne doit plus péter dans un violon, on le fait au téléphone, aux heures de 12. "Face à ces représentations du patient, le point de
vue du médecin ('disease') qui se rapporte à la conception
objective et technique (fondée par exemple sur des
Cosmologie psychique
analyses de laboratoire) qui permet de dire qu'un malaise
est dû à telle ou telle cause. Une conception pas toujours en accord avec celle du patient! Conséquence: un malentendu et, bien souvent un refus de la médication prescrite." "Une maladie,
deux regards"
La journaliste recueillait les propos d'un neuropsychiatre sur les par Claire Coljon
représentations qu'on se fait de la "psychose". Pourtant, comme il est notoire que la psychiatrie (en Belgique) ne fait en général pas appel aux analyses de laboratoire évoquées ici (pour la psychose, lesquelles, s.v.p.?), la conception objective et technique (?)
dont il est question ne peut être qu'une représentation psychiatrique, une sorte de cosmographie subjective de l'esprit à l'occidentale. La cosmographie personnelle de l'esprit selon le patient n'est pas moins valable que celle du psychiatre européen purement spéculatif. Il ne peut donc s'agir de malentendu, mais d'un dialogue de sourds: deux visions du monde qui s'affrontent, aussi peu "objectives" l'une que l'autre. Anosognosie ? Inconnue au bataillon!
13. "Mais voilà, la maladie mentale n'est pas
Mis en ligne le 19 mars 2002, sous l'intitulé comme les autres. Ne serait-ce que parce
La communication qui guérit!
qu'elle est d'abord une maladie de la
paru le 13 mars 2002 dans Le Soir en ligne
communication et que, pour une bonne part,
elle se guérit par la communication."
"Réconcilier les chapelles"
par Jacques Poncin
Qu'est-ce donc qu'une maladie de la communication?
Eh! Bien, quand vous ne parvenez plus à obtenir la communication téléphonique avec votre beau-frère, par exemple, alors vous vous adressez à la compagnie des téléphones et, à force de paroles avec un représentant de cette dernière (sur un autre poste!), peut-être parviendrez-vous à finalement rentrer en contact avec votre correspondant. Certains devraient appeler cela une "maladie de la communication" (donc, quand votre téléphone est en panne, manipulez-le
avec douceur et parlez-lui avec persuasion!) Quand les canalisations (d'eau ou de gaz) de votre habitation sont obstruées, votre plombier devrait appeler cela une "maladie de la circulation" et appeler un agent de police (qu'on
pourrait nommer, par barbarisme évocateur, psychopompe). Il agiterait son bâton blanc devant les tuyaux et s'y démènerait à la manière d'une girouette (il parlerait aux tuyaux avec autorité).
Quand une personne est "dure d'oreille", l'O.R.L. consulté devrait appeler cela une "maladie de
l'audition" et envoyer le patient écouter un concert (tonifiant ou apaisant, selon le cas).
Quand quelqu'un est "mal voyant" ou aveugle, l'oculiste devrait appeler cela une "maladie de la
vision" et envoyer son patient au cinéma, ou à une exposition de peinture, ou à tout autre
Ne dites jamais qu'il y a des bouchons sur l'autoroute, dites que la circulation est malade. Ne dites pas non plus que vous avez des ampoules aux pieds ou que vous vous êtes fait une entorse: dites que vous souffrez d'une maladie de la locomotion. Ne dites surtout pas que votre téléphone est en panne, dites que la communication est malade. Ne dites jamais de quelqu'un que c'est un c., même si cela résume bien votre opinion de cette personne. Dites plutôt qu'il souffre d'une maladie de la compréhension. Et, si le coeur vous en dit, vous pouvez toujours appeler un psychothérapeute pour convaincre la circulation, la locomotion, la communication ou la compréhension de "guérir". Il suffit d'essayer, vous verrez. Ils disent que ça marche.
Nous vivons une époque de progrès VERITABLEMENT MAGIQUE !
14. ".aucun marqueur biologique d'une pathologie ou
d'une souffrance psychique quelconque n'a, à ce jour, été
découvert.
Mesurons les idées
[.] On ne peut pas raisonner uniquement sur un plan
biologique - ou psychologique, ce qui revient au même. Il y
dans L'Express (France)
a une composante sociologique: nous avons un corps,
mais nous vivons aussi en société, c'est même ce qui

"Fatigue,
caractérise l'espèce humaine.
le mal du siècle"
par Vincent Olivier
[.]L'idée de "vivre avec" (une dépression, une maladie
cardio-vasculaire), mesurée par la qualité de vie, se substitue largement à
l'idée que l'on pourrait se débarrasser d'un mal comme d'un microbe."

Ces phrases, de la plume de Alain Ehrenberg, sociologue (CNRS-Paris V) étaient reprises par le journaliste Vincent Olivier. Elles montrent que, bien souvent, "psys" et sociologues se lancent dans des considérations purement spéculatives et donc sans conséquences ni grands risques immédiats (croient-ils!). Ils tiennent alors des propos aux accents surréalistes que sans doute ils s'empruntent les uns aux autres, sans toutefois s'en apercevoir.
Les sociologues devraient, eux aussi, de temps à autre s'évader du "plan sociologique" sur lequel ils planent et rêvent, pour comprendre ce que sont des "marqueurs biologiques". De plus, dire que "raisonner uniquement sur un plan biologique - ou psychologique, cela revient au même", cela n'a Il n'est sans doute pas surprenant non plus qu'un sociologue veuille s'imaginer que ce qui caractérise l'espèce humaine, c'est qu'elle vit en société. Ce n'est pourtant là qu'une des caractéristiques parmi d'autres de l'espèce humaine, et elle la partage avec de nombreuses autres espèces animales pourtant dépourvues, elles, de "pathologies psychiques" comparables aux maladies mentales humaines. La seule caractéristique qui soit propre à l'espèce humaine et qu'elle ne partage avec aucune autre, c'est le langage. Et celui-ci, il est bien inscrit dans la structure, fort biologique et bien marquée, de son cerveau.
Enfin, vous aurez appris que certains savent aujourd'hui comment mesurer des idées? Pas avec un mètre pliant, sans doute, mais avec un élastique appelé "qualité de vie"! Ne serait-ce pas une idée
démesurée?
15. "Lorsqu'on s'intéresse [.] à la dépression,
force est de constater que celle-ci apparaît comme
une maladie de l'insuffisance, du vide, de
le 29 mars 2002 dans La Libre Belgique
l'incapacité à agir (à faire) dans une société qui
survalorise l'action et l'autonomie."
"Maladie de l'insuffisance"
C'est un des "constats" que le journaliste extrait d'un article du sociologue belge Didier Vrancken (ULg)(Revue Nouvelle, février 2002). Après la maladie mentale "de la communication" (v. point 13 ci-dessus), voici la "maladie de l'insuffisance", la
"maladie du vide". Comme la nature a déjà, d'avance, horreur du vide, si celui-ci est malade de
surcroît, alors, c'est l'horreur au carré! Tout le monde sait pourtant que la dépression a déjà été décrite par Plutarque et représentée par Albrecht Dürer, pour ne citer qu'eux. Plus tard, des hommes comme Winston Churchill, Abraham Lincoln, Théodore Roosevelt, Robert Schumann, Gérard de Nerval, Léon Tolstoï, Vincent Van Gogh, et combien d'autres en ont-ils été les victimes "insuffisantes", "incapables de faire" ou "vides" (c'est pour cela qu'ils sont passés inaperçus et oubliés?) dans des sociétés qui "survalorisaient l'autonomie et l'action"? En fait d'insuffisance, voilà sûrement qui ne date pas d'aujourd'hui et devrait suffire à écarter l'insuffisance et le vide des causes de dépression! 16. ".une dame de 84 ans a laissé mourir son mari
de faim et a encore vécu deux mois avec son
cadavre que rongeaient les rats: selon les psys,
schizophrénie:
affection de jeunes?
cette dame souffrait plus que probablement de
schizophrénie, une psychose caractérisée par la
dans La Dernière Heure
perte de contact avec le monde extérieur. [.]
Evelyne aurait développé une double
"Faits divers: Wezembeek
personnalité."
drame de la schizophrénie!"
signé Gil
C'est ainsi que le journaliste signant Gil relate un sordide fait divers survenu dans la périphérie de l'agglomération bruxelloise. Il nous donne un exemple supplémentaire de journaliste très au fait des réalités de la "santé mentale" (moins d'un an après 2001, pourtant année de la santé mentale) et qui, de plus, s'informe sûrement auprès des
bons psys! Il paraitrait que cette pauvre malade était en outre "soignée, coquette et encore
très vive d'esprit pour son âge."
Double personnalité, schizophrénie caractérisée par la perte de contact avec le monde extérieur, soignée de sa personne et vive d'esprit pour son âge de 84 ans. Si, si! Tout ça en fait une schizophrène, plus que probablement! Le journaliste ne devrait-il pas nous donner -
confidentiellement, bien sûr - l'adresse de son (ses) psy(s) consulté(s)? (c'étaient de grands experts, plus que probablement).
17. "[.] des médecins fréquentent aussi les sectes, [.],
interdiction [aux médecins] de battre les infirmières, [.] De
toute façon, pourquoi s'inquiéter? Les médecins pratiquent Infirmière battues?
de longue date la psychologie. On apprend en faculté aux
généralistes à poser quelques questions sur l'enfance et
dans La Libre Belgique
les problèmes familiaux. Et l'accès aux livres est permis
"Des médecins
par l'Ordre. [.]", etc., etc.
dans les pattes"
C'est ainsi que, se voulant sans doute spirituel autant que rassurant, un psycho-sociologue (P-Y. T.) tente de tourner en dérision les décisions ministérielles de règlementation de la profession de psychothérapeute et s'apitoie faussement sur A lire cette succession d'erreurs, d'à-peu-près et de non sequitur, on serait plutôt inquiet quant à l'accès de la "psycho-sociologie" à de saines lectures, et peut-être dubitatif quant à leur connaissance pratique du sujet de certains "psycho-sociologues". (Admirons aussi notre presse quotidienne belge pour ses remarquables choix de textes à insérer.) 18. "Quand mon cerveau excite dans mon âme la sensation d'un arbre ou d'une maison, je
prononce hardiment qu'il existe réellement hors de moi un arbre ou une maison, dont je connais même le lieu, la grandeur ou d'autres propriétés. Aussi ne trouve-t-on ni homme ni bête qui doutent de cette vérité. Si un paysan en voulait douter; s'il disait, par exemple, qu'il ne croyait pas que son bailli existe, quoiqu'il fût devant lui, on le prendrait pour un fou, et cela avec raison: mais dès qu'un philosophe avance de tels sentiments, il veut qu'on admire son esprit et ses lumières, qui surpassent infiniment celles du peuple." Leonhard Euler (1761), in A. Sokal & J. Bricmont, Impostures Intellectuelles
"Je réfléchis toujours à partir d'exemples.
[.] je m'intéresse aux maladies mentales comme exemples.
Dans l'Ame réécrite, je demandais:"Les psychiatres ont défini . maladies réelles?
et peut-être fabriqué les symptômes de certaines maladies mentales, mais n'existe-t-il pas de maladies réelles ?" dans Libération (France)
[.] Pour moi, il y a des maladies biologiques comme laschizophrénie et le trouble bipolaire, et d'autres qui n'ont pas Entretien avec
Ian Hacking
par Natalie Levisalles
[.] Ce qui est nouveau, c'est que les médecins trouvent facilede diagnostiquer la dépression parce qu'il y a quelque chose à faire: ils peuventprescrire du Prozac.
[.] On peut trouver épouvantable qu'une société fabrique des médicaments pourcontrôler les troubles mentaux. Mais c'est un fait, hélas!" Ces remarquables affirmations et [profondes] considérations sont extraites d'un entretien de la journaliste avec le philosophe et écrivain canadien Ian Hacking, professeur au Collège
de France, présenté comme un "expert en maladies mentales transitoires" (sic) dans
Libération du 11 juillet 2002.
Les affirmations sont remarquables pour deux raisons: primo, elles sont exprimées en des termes imprécis ou ambigus, ce qui, de la part d'un "philosophe du langage", ne devrait étonner que les naïfs; secundo, leur inexactitude transparaît malgré leur ambiguïté.
C'est ainsi que l'interviewé affirme réfléchir à partir d'exemples, ici les "maladies mentales". C'est une erreur flagrante. Quoiqu'en dise ce philosophe, ce ne sont pas les "maladies mentales" elles-mêmes qui sont le sujet de sa "réflexion", ce ne sont que les discours des autres à leur propos, ce qui, on s'en doute, n'est pas exactement la même chose: bel exemple de confusion entre Les aveugles de naissance ne pourront jamais comprendre la lumière. Ils le savent. C'est pourquoi, fort sagement, ils n'en dissertent pas, ils ne discutent jamais non plus des mérites respectifs des différentes descriptions et explications que les physiciens bien voyants en donnent.
Manifestement, certains philosophes n'ont ni cette prudence, ni cette sagesse: pour eux, l'imagination peut, à elle seule, tenir lieu de réalité, la "réalité vraie" n'étant pas accessible à nos sens imparfaits peut dès lors être réinventée au gré des récits et des romans des autres qui s'ajoutent à leurs propres fantasmes: poésie au second degré, musique et harmonie des sphères.
Non, les psychiatres n'ont pas défini ni peut-être fabriqué les symptômes de certaines maladies mentales. Au contraire, ils ont défini et fabriqué des affections mentales par le regroupement arbitraire et plus ou moins aléatoire de signes et de symptômes observés et constatés:
ceux dont les malades, êtres biologiques bien vivants et concrets, se plaignent ainsi que ceux qui A en croire le professeur canadien de philosophie, il y aurait d'une part de "réelles" maladies, d'autre part certaines maladies mentales [donc pas réelles, celles-là?] C'est faux et ce n'est pas seulement, comme le prétend le philosophe, une question philosophique "plus traditionnelle".
C'est, plus exactement, à la fois vrai et faux, ce qui permet à tous "disputeurs" de tous bords de n'avoir jamais tort parce que la question est, délibérément, mal posée.
Il est vrai que les maladies mentales sont des concepts humains, résultant de classifications dont
la réalité n'existe que dans l'esprit de ceux qui les ont élaborées (comme c'est le cas de toutes les Mais les malades mentaux, eux, ne sont ni faux ni imaginaires, ce sont des êtres biologiques vivants, non des concepts, non inventés mais bien présents, matériels et tangibles, et nous n'avons aucune raison de mettre en doute la réalité des signes et symptômes morbides dont ils sont Le philosophe nous dit encore: "Pour moi, il y a des maladies biologiques comme la
schizophrénie et le trouble bipolaire, et d'autres qui n'ont pas de causes biologiques
connues". Admirons donc la manière élégante dont ces choses-là sont dites! N'aurait-il pas été
plus correct (et plus honnête?) de dire:". d'autres maladies mentales aussi ont des causes biologiques, bien qu'elles ne nous soient pas encore connues?" Cependant, remarquons que les causes biologiques de la schizophrénie, comme celles des troubles bipolaires d'ailleurs, ne nous sont pas réellement connues non plus. Le philosophe ne le saurait-il pas? Alors, sur quoi se base-t-il pour établir la distinction qu'il fait? Le consensus scientifique forcerait-il certains à finalement admettre, quoique à contrecoeur, la réalité des origines biologiques de "certaines" psychoses, mais manqueraient-ils à ce point de cohérence qu'ils ne puissent totalement renoncer au mythe cartésien de l'esprit désincarné? Se pourrait-il qu'ils veuillent ainsi préserver, comme une balise rassurante parce qu'ancienne et bien-pensante, le dogme impossible et absurde du trouble purement fonctionnel dénué de support biologique et Il est aussi totalement faux de prétendre que la dépression serait facile à diagnostiquer. A nouveau, seuls ceux qui ne savent pas ce dont ils parlent mais s'imaginent le savoir
tiennent pareils propos. Les philosophes sont-ils (souvent, parfois, ou) jamais confrontés eux-mêmes à des cas de dépression majeure ou de troubles bipolaires parmi leurs parents et proches? Surtout, nous ne souhaitons cela à personne, même pas aux proches de philosophes, et pas même si cela devait éviter à ces derniers d'énoncer des âneries.
Avez-vous remarqué que la réalité et l'horreur des troubles mentaux psychotiques passe au second plan pour le philosophe, qui semble, en premier, bien plus horrifié par "l'épouvantable" fabrication des médicaments destinés à "contrôler les troubles mentaux" que par l'existence même Rappelons une évidence: les médicaments ne doivent leur existence qu'au besoin qu'on en a. Et celui-ci est la conséquence de l'existence des troubles mentaux (et pas l'inverse!), comme aussi de l'impuissance avérée des rêveries philosophiques et pseudo-thérapeutiques face aux troubles Il est vrai que les médicaments "psychotropes" sont, encore aujourd'hui, imparfaits, insuffisants, une solution boiteuse, un pis-aller dans de nombreux cas. Cependant, devons-nous regretter le passé, avant les années 1950, quand nous n'en disposions pas encore, et en revenir au "bon vieux temps que c'était"? C'est cela, la bonne philosophie? Est-ce une "philosophie" crédible, celle qui prétend que l'emploi des médicaments psychotropes pour le traitement des maladies mentales est un phénomène déplorable contre lequel il faut s'élever, et qui ne nous propose pourtant rien d'autre qui soit réellement plus efficace? Est-ce une philosophie crédible ou est-ce seulement le rabâchage irréfléchi d'une rumeur, cette désinformation délibérée qui attribue à "l'énorme pouvoir des laboratoires
pharmaceutiques" la cause de l'utilisation accrue de ces médicaments, mais qui passe sous
silence l'hypothèse alternative, d'ailleurs évidente et avérée par les statistiques: celle de l'échec global des thérapeutiques non médicamenteuses, qui fait qu'on s'en détourne. Est-ce une philosophie crédible, qui omet de signaler que les tenants de ces autres "thérapies" se gardent bien de prouver leur [in]efficacité en n'apportant surtout pas de statistiques de succès et d'échecs Certains philosophes partagent, par exemple avec des sociologues, une méthode de raisonnement d'une logique à rebours qui les amène à des conclusions passant à juste titre pour extraordinaires.
Cela semble parfois leur conférer un poids et un attrait particuliers. La validité de ces conclusions n'en est pas démontrée pour autant. Leur imagination propose à ces purs penseurs des modèles (donc imaginaires) représentant les matières qu'ils croient étudier. Mais ces matières elles-mêmes, ils n'en connaissent et n'en retiennent que les éléments qu'ils imaginent plus qu'ils ne les connaissent, et de ceux-là seulement ceux qui leur paraissent confirmer leurs théories. Pour eux, c'est la réalité qui doit se plier à leur vision, et non l'inverse.
Ils croient savoir ce que sont les troubles mentaux, mais ils n'en connaissent ni n'en fréquentent les victimes, qui sont pourtant les seules de qui ces troubles mentaux peuvent tirer leur existence 19. "On renvoie les gens vers 'Racines
Mis en ligne le 3 janvier 2003 sous l'intitulé aériennes', rue des Steppes, qui offre Ethno-psychiatrie: maladie? en réaction à l'article
une aide culturelle à ceux souffrant
paru le 16 décembre 2002 dans La Libre Belgique
d'ethno-psychiatrie."
"les mêmes pathologies que dans
C'est ce que confie le Dr J-L. M. au journaliste un cabinet médical" signé T. D. G.
qui l'interviewe à propos de la patientèle de la L'ethno-psychiatrie, ça doit être bigrement douloureux? Et en plus, cela se cultive! Où cela s'attrape-t-il? Cela ne s'attraperait-il pas au contact d'''ethno-psychiatres"? Si, par hasard, ces derniers étaient contagieux, ne devrait-on pas les mettre en quarantaine? (dans une maison de soins ethno-psychanalytico-culturels?) Décidément, T.D.G. a un style bien à lui qui nous fait toujours découvrir des choses étonnantes.
20. ".des patients normopathes"
Mis en ligne le 3 janvier 2003 sous l'intitulé C'est, paraît-il, ceux qu'on peut rencontrer dans certaines Normopathes = non mentaux?
en réaction à l'article paru le 4 décembre 2002 patientèles de généralistes, du moins d'après la journaliste dans Le Généraliste N°624, p. 6
Véronique Janzyk qui, pour le périodique belge "Le Généraliste", (n°624, 4 décembre 2002, p.6: "Psychose: "Psychose: généralistes
généralistes démunis mais pas seuls"), interviewait des démunis mais pas seuls"
participants au congrès "Penser la psychose" tenu par Véronique Janzyk
récemment à Bruxelles (voir notre article "Mirage psy").Vous, vous connaissiez ces maladies non mentales qu'on appelle des "normopathies"?
Décidément, on n'arrête pas le progès! Dans ce même article particulièrement instructif sinon informatif, on peut apprendre que "[.] avec le risque que,[.] entre unités de crise, longs séjours en milieu hospitalier, hôpitaux de jour et consultations thérapeutiques, la défaillance du sentiment continu d'exister qui les
caractérise [les psychotiques] soit redoublée." On peut aussi lire que les soins au psychotique
"auront pour but de lui permettre de s'autoriser à penser.".
Après pareille lecture, nul doute que le lecteur pourra se permettre de s'autoriser à défaillir à son 21. "On ne peut parler de schizophrénie à
Mis en ligne le 24 mars 2003 sous l'intitulé l'adolescence. [.] La 'communication
Communication divergente
divergente' est un facteur de risque. [.] La
= strabisme convergent?
schizophrénie en tant que telle n'est pas
en réaction à l'article paru le 17 mars 2003 transmise de manière héréditaire."
Le colloque "Penser la psychose"
C'est, entre autres contre-vérités, contresens et signé T. D. G.
désinformations obsolètes assénées d'autorité, ce qu'on peut lire dans un article "d'actualité" du journal "Le Généraliste" qui revient (pourquoi? Rien d'autre à mettre en page?) sur le colloque "Penser la Psychose" (voir le point 20 précédent) quis'était tenu à Bruxelles au début de novembre 2002. On peut lire aussi, sans aucun autrecommentaire, que: "Plus de la moitié des patients atteints de schizophrénie ont consulté un
professionnel de la santé au cours de la semaine précédant leur décès. Un
argument pour sensibiliser les généralistes à cette problématique."
Compte tenu de la confusion délibérée des causes et des effets à laquelle les "psys" contemplatifs et spéculatifs se complaisent depuis toujours - et cet article montre qu'ils ne semblent pas près de renoncer à cette confusion - , devrions-nous à notre tour soupçonner que c'est la consultation des professionnels de la santé par les malades schizophrènes qui poserait problème? Devrions-nous, à la manière de l'OMS, déduire de cette constatation qu'il vaudrait peut-être mieux, pour leur éviter le décès par suicide, que les patients atteints de schizophrénie s'épargnent une consultation inutile On se demande ce que le lecteur médecin généraliste peut apprendre de pareille prose? Devrait-on s'étonner si, ainsi "sensibilisé" par un tel article, il se gardait désormais soigneusement de se mêler de problèmes psychiatriques survenant dans sa patientèle! 22. "Schizophrénie :
Mis en ligne le 5 mai 2003 sous l'intitulé dépistée tôt, elle se guérit !"
Pistons la schizophrénie à reculons
Voilà le titre sensationnel qu'on peut trouver, sous la paru le 26 mars 2003 sur le site e-santé
signature du Dr Isabelle Eustache, sur un site français d'information "médicale" santé. Les sources sont, "Schizophrénie:
paraît-il, des conférences de consensus de la Fédération dépistée tôt, elle se guérit!"
française de psychiatrie qui se sont tenues à Paris les 13 signé Dr Isabelle Eustache
Pareille affirmation correspond-elle à une découverte scientifique révolutionnaire, à un compromis de consensus, ou encore n'est-elle que le reflet de ce que la rédactrice du résumé des conférences a personnellement retenu des débats de ces conférences (et de sa volonté de Pour aller au devant des attentes des malades, oserions-nous espérer que le Dr Eustache aurait bien entendu? Mais, ménageant la crédibilité de la psychiatrie française, devrions-nous fort nous étonner si le Dr Eustache s'était trompée? Ce nouveau dilemme devrait-il faire l'objet d'une conférence de consensus supplémentaire? 23. ". Nous voulons donc avoir des mesures
Mis en ligne le 17 juin 2003 sous l'intitulé objectives pour établir un bon diagnostic quand
Intervenons rétroactivement!
l'enfant arrive avec ces symptômes négatifs et
paru le 10 juin 2003 dans La Libre Belgique
finalement intervenir avant que le cerveau ne
soit endommagé".
"Les signes discrets
de la schizophrénie"

Tels sont les propos que la journaliste attribue au Dr Nancy signé Laurence Bertels
Andreasen lors d'un entretien qu'elle a eu avec la psychiatre U.S. (Université d'Iowa) quand celle-ci s'est vu remettre à Bruxelles un prix de 150.000 euros pour ses travaux sur la schizophrénie.
On peut toutefois se poser la question de savoir si la journaliste a effectivement compris ce que le professeur Andreasen lui a réellement dit. En effet et de toute évidence, les symptômes négatifs ne signent-ils pas déjà la lésion cérébrale? Le Dr Nancy Andreasen a par ailleurs écrit auparavant: "Unlike other mental illnesses that are also characterized by deficits in multiple cognitive systems (e.g., Alzheimer's disease), however, schizophrenia does not usually involve
deterioration or progress to dementia." (c'est nous qui soulignons) (NEJM 1999, 340,
645-647). Bien plus récemment encore, elle a pourtant aussi affirmé que "There are ongoing changes in the brains of schizophrenic patients during the initial years after diagnosis despite
ongoing antipsychotic drug treatment." (c'est encore nous qui soulignons) (Arch Gen
Psychiatry, 2003; 60:, 585-594, mais aussi Am. J. Psychiatry 2003;160: 142-148). En
d'autres termes, ces contradictions évidentes sont-elles le fait du Prof. Andreasen ou résultent-elles du fait que la "connaissance" du sujet par son auditrice ne permettait pas à cette 24. "Finalement, la maladie mentale nous
Mis en ligne le 20 octobre 2003 sous l'intitulé renvoie toujours à notre propre finitude.
Infinie finitude humaine en réaction à l'article
L'accepter aide à accepter le malade."
paru le 9 octobre 2003 dans La Libre Belgique
C'est par cette conclusion, toute empreinte d'une "Faut-il tenter d'entrer dans l'univers du
philosophie se voulant sans doute profonde(?), mais psychotique au risque d'être rendu fou"
dont la logique est malheureusement absente, tout signé Laurence Dardenne
comme elle l'est aussi du contenu de l'article qui la précède, que la journaliste termine son article intitulé "Faut-il tenter d'entrer dans l'univers du psychotique au risque d'être rendu fou?" Bien qu'on ne nous en dise rien, l'article en question se voulait sans doute d'actualité, à l'occasion de la "Journée Mondiale de la Santé Mentale". Belle actualité, en vérité, qui se base maladroitement sur les élucubrations de 1977, aujourd'hui totalement démonétisées, d'un psychanalyste (Harold Searles) ayant sévi à la Chestnut Lodge de Washington, U.S.A. dans les années 1950-1960 (on y prétendait soigner les schizophrènes par la psychanalyse et on y rendait les mères des malades responsables de la maladie).
Pour être crédible en gardant le même vocabulaire, la journaliste n'aurait-elle pas plutôt dû affirmer que "la maladie mentale nous renvoie toujours à l'infinitude de notre
ignorance et sans doute aussi de notre sottise. L'(es) accepter n'aide pourtant pas à
accepter la maladie"?
25. "[.] elles ne savent pas. vers qui
Mis en ligne le 8 décembre 2003 sous l'intitulé se tourner. Quand on sait la qualité et Déficit: d'information ou de thérapeutique?
la quantité de l'offre médicale
en réaction à l'article paru le 13 novembre 2003 dans La Dernière Heure
proposée en Belgique, ceci traduit un
évident déficit d'information."
"Traitement mal adapté" signé J. M.
C'est ainsi que le journaliste nous rapporte ce qu'il a retenu de la conférence de presse où ont été sommairement présentées (par le ministre fédéral de la santé et par un professeur psychiatre de la K.U.L.) les conclusions de l' "Etude Européenne d'Epidémiologie des Troubles Mentaux: ESEMed". La phrase que nous avons
extraite de ce "communiqué d'informations générales de société" se rapporte aux "personnes confrontées à un trouble mental".
Ce que le journaliste ne nous dit pas, (ni sans doute ceux qui s'adressaient à lui), c'est comment on a établi - en les "interrogeant" - que c'était bien à "un trouble mental" (sic) que ces personnes avaient été "confrontées".
Pourquoi devrions-nous, dès que nous nous sentons fatigué(e), dès que les circonstances et les événements autour de nous nous paraissent justifier d'éprouver un certain cafard, aussitôt imaginer qu'en effet les raisons de notre état d'humeur ne se trouvent qu'en nous plutôt qu'en dehors de nous? Pourquoi devrions-nous immédiatement courir chez le psy, dès que se manifesterait ce que la plupart des gens normalement constitués prendraient pour une contrariété bien naturelle? N'avez-vous vu aucun film de Woody Allen? Comblez donc cette lacune! Sans doute n'y a-t-il que les "psys" pour n'avoir pas encore tiré la morale de ces films! Quant à "l'évident déficit d'information", une autre "traduction" ne serait-elle pas tout aussi
plausible? Si on met en balance "la qualité et la quantité de l'offre médicale proposée"
(sic) avec la "qualité" bien connue et la "quantité" (recensée?) des bons résultats obtenus grâce à cette "offre" (pour, à notre tour, utiliser le même vocabulaire ridicule), l'hésitation éprouvée avant de recourir à cette offre devient très compréhensible. Sauf, sans doute, à nos "psys" et aux journalistes qui boivent leurs paroles.
26."Il y a manifestement quelque
Mis en ligne le 8 décembre 2003 sous l'intitulé chose qui ne va pas dans notre
Abrégeons la jeunesse! en réaction à l'article
société, puisque le fait d'être jeune
paru le 3 décembre 2003 dans Le Généraliste N° 669, pp. 18-19
est devenu un important facteur de
risque."
"La prise en charge des troubles mentaux
est insuffisante" signé Johan Waelkens
Waelkens à son article qui revient sur les "résultats" d'une "étude" déjà mentionnée au point (25) ci-dessus et cite à ce sujet les commentaires d'experts "psys" de la Katholieke Universiteit Leuven
(K.U.L.). On y mentionne aussi le fait que les diagnostics psychiatriques "établis" (?) par cette "étude" (?) l'ont été en 90 minutes (fichtre! Chapeau! Ou, plutôt, belle ondulation du couvre-chef?) grâce à un "instrument" de l'OMS/WHO: le "Composite International Diagnostic Interview". Quand, d'autre part, on sait que l'OMS/WHO et d'autres organisations et organismes, ou encore ministères de la santé nous serinent depuis des années qu'ils concentrent une part importante, sinon tous leurs efforts de "prévention" sur la réduction, voire l'élimination des "facteurs de risques", ne peut-on pas se demander ce qu'ils attendent alors pour tenter d'éliminer "le fait d'être jeune"? (peut-être le font-ils discrètement, sans nous le dire, pour nous en faire
On tente de nous faire confondre causes inconnues et "facteurs de risques" supposés,
et on laisse entendre que ces derniers peuvent s'additionner les uns aux autres, leur somme De plus, peut-on raisonnablement appeler "facteurs de risques" toutes les circonstances de la vie par lesquelles chacun de nous est, nécessairement, obligé de passer? Si c'est le cas, alors la naissance et la vie doivent être considérées, elles aussi, non seulement comme d'inévitables
"facteurs de risques" de mort (entre autres et innombrables risques!), mais ces risques sont
Mr Waelkens n'aurait-il pas dû se poser sérieusement la question: de quelle affection la profession de "psy" dans notre Europe ne constituerait-elle pas, elle-même, pour ses praticiens, un "facteur de risque"? (et certains parmi eux sont encore relativement jeunes, ce qui, si nous l'en croyons, accroîtrait encore le risque.).
27. "PEPS: pour apprendre à
Mis en ligne le 26 décembre 2003 sous l'intitulé mieux connaître la
Alphabétisation par correspondance en réaction à l'article
schizophrénie".
paru le 10 décembre 2003 dans Le Généraliste N° 670, p. 25
"PEPS: pour apprendre à mieux connaître
la schizophrénie" par Johan Waelkens
dans le "Le Généraliste", destiné aux apprend que "récemment, une "version belge d'un Programme d'émancipation des
patients souffrant de schizophrénie" a été présentée" - mais Mr Waelkens ne nous dit ni
quand, ni où, ni par qui ni à qui. Il s'agirait d'un "classeur comprenant 18 modules de
textes indépendants" explicatifs. On ne nous dit pas non plus quels en sont les responsables et
les rédacteurs ("une initiative internationale"), et les médecins qui voudraient se procurer ce
précieux "outil pratique", pour en apprécier par eux-mêmes le contenu, devront sans doute
demander les coordonnées confidentielles de Mr Waelkens à la rédaction du périodique "Le Cependant, si nous en jugeons d'après ce que Mr Johan Waelkens semble en avoir retenu lui-même, la perception des troubles schizophréniques dont il est fait état dans ces documents est quelque peu incohérente et n'encourage guère à pousser plus avant l'examen de cet "outil".
En effet, on nous rappelle, entre autres et comme si les médecins ne le savaient pas, que les personnes souffrant d'une psychose schizophrénique sont "persuadées de ne pas être
malades". Alors, dans ce cas, pourquoi attendre d'elles qu'elles désirent une médication? (et
nous savons bien qu'elles s'y refusent fort souvent); mais à peine quelques lignes plus loin, on nous dit aussi de ces malades qu' "Ils oublient que, s'ils sont en bonne santé, c'est grâce
à la médication.".
Et ceux qui nous racontent cela, comment jugent-ils de leurs facultés mentales, de leur propre santé? Si elles leur paraissent bonnes, ne serait-ce pas aussi grâce à une médication? (.faudrait L'auteur de cet article ne semble pas non plus s'être posé la question de savoir si les patients, "désireux d'être informés franchement sur le diagnostic et en détail sur leur
affection." (et, rappelons le nous, persuadés de ne pas être malades!) seront en mesure,
malgré les troubles de leur pensée et leurs convictions erronées, voire délirantes, d'entreprendre par eux-même la lecture de cette littérature, s'ils l'interprèteront correctement et en tireront le bénéfice que ses "concepteurs" disent en attendre.
Il semblerait donc qu'une fois de plus on ait choisi de "marcher sur la tête", la solution psy "bureaucratique" et de facilité: au lieu d'accompagner et d'aider vraiment les malades de manière pratique et pragmatique, on a préféré rédiger une sorte de "mode d'emploi" général et stéréotypé: c'est le moins contraignant, une fois que c'est fait, c'est fait, il suffit d'annoncer et, peut-être, de L'article en question évoque, irrésistiblement, une publicité pour un programme de rééducation et d'alphabétisation par correspondance (si vous voyez ce que cela signifie.) Les "intéressés" (s'ils le sont!) pourront-ils la lire? Le voudront-ils? Quant aux lecteurs du "Généraliste", dont on peut supposer qu'ils savent lire et comprennent ce qu'ils lisent, seront-ils tentés d'essayer d'en prendre 28. "La plupart des personnes qui attentent à
leurs jours éprouvent une profonde souffrance
intitulé "maître-Achat" du suicide
psychique, sans que celle-ci relève forcément de
la catégorie des "troubles mentaux". Les
du magazine "Test Santé"
personnes suicidaires souffrent souvent de
dépression [.]"
"Le suicide: prévenir autant
que possible" (non signé)
Ces affirmations figurent dans un article de la revue bimestrielle "Test Santé" de l'association belge de consommateurs "Test Achats". Cet article présente les "conclusions" d'une enquête (procédé très "tendance" de ces jours-ci) menée dans quatre pays d'Europe (en liaison, on le suppose, avec des associations de consommateurs de ces pays: Italie, Portugal et Espagne en plus de la Belgique).
En sous-titre de l'article, on peut aussi lire ce commentaire qui, déjà, préfigure une conclusion: "On peut donc s'étonner que la prévention du suicide ne fasse pas au moins l'objet
de la même attention que la sécurité routière."
Les responsables de Test Achats ne liraient-ils donc pas les bons auteurs? Ne savent-ils donc pas que nos "responsables santé" des Régions et des Communautés n'arrêtent pas de nous submerger (dans de nombreuses et copieuses quoique peu digestes publications) sous les descriptions de leur préoccupation (sinon sous les résultats concrets de leurs efforts) à propos du suicide dans notre population? (voir aussi les références à "Bruxelles Santé" et autres publications de la COCOF ailleurs sur ce site), ou bien n'y accorderaient-ils qu'une confiance limitée? N'ont-ils pas entendu parler de la fameuse "postvention", cette merveilleuse et récente invention de prévention
Que des associations de consommateurs procèdent à des enquêtes et des analyses portant sur les biens, objets et services de consommation courante, rien de plus normal, légitime, utile et même, nécessaire. C'est un travail très concret auquel elles se sont attelées avec succès depuis des années, et personne ne devrait songer à mettre en doute leurs compétences et leur utilité en ce domaine.
Mais ne sont-elles cette fois pas sorties de leur domaine de compétences? Quoiqu'il y paraisse, il s'agit en l'occurrence d'enquêtes d'opinions sur des matières complexes empreintes de beaucoup de subjectivité. L'élaboration du questionnaire envoyé à un nombre total non précisé de Belges
se serait faite, paraît-il, en collaboration avec une équipe de spécialistes (spécialistes en quelle
matière?) et basée sur "les résultats des études scientifiques menées sur le sujet". C'est
ce que l'équipe de "spécialistes" leur a dit? Personne ne leur a dit que la littérature dite "scientifique" sur le sujet n'est qu'un amoncellement d'hypothèses et de contradictions, qu'on y trouve toujours ce dont on a besoin pour prouver ce qu'on veut? Ces "spécialistes" (des psys?) avec qui ils ont collaboré semblent ne pas leur avoir dit que la
véritable dépression est bien un "trouble mental" psychiatrique, ce n'est pas le "coup de blues".
Ces spécialistes (des scientifiques statisticiens?) ne semblent pas leur avoir expliqué que les
échantillons de l'enquête sur le suicide, telle qu'elle a été menée, ne peuvent jamais être vraiment "représentatifs de la population" comme ils le prétendent: ils ne contiennent forcément jamais les vrais malades mentaux, parmi lesquels, pourtant, la proportion des suicides est la plus élevée. Et, bien sûr, ils ne peuvent tenir compte des suicides aboutis, puisque et de toute évidence, même si par erreur on leur envoyait un questionnaire, on peut soupçonner qu'il resterait sans réponse. Et, si on nous a dit que 2034 "questionnaires utilisables" avaient été renvoyés par des Belges, on
nous laisse dans l'ignorance du nombre de ceux qui, bien qu'ayant reçu un questionnaire, soit n'y ont pas répondu, soit y ont répondu de manière "inutilisable". Vous avez dit "représentatifs"? Vous avez dit "spécialistes"? Que les associations de consommateurs se contentent des tests sur les biens de consommation et les services, et qu'elles évitent, orchestrées par des "psys", les enquêtes d'opinion sur la "santé mentale", le suicide et la "souffrance psychique", elles resteront plus crédibles et plus utiles.
29. "A titre d'exemple, les idées préconçues
erronées suivantes circulent sur le suicide: ¨[.] b) Tous les chiens qui mordent
aboient-ils d'abord?
Pour 45% des personnes interrogées, les
personnes qui disent qu'elles vont se suicider
sur Medinet à
passent rarement à l'acte. Cette idée ne
correspond pas non plus à la réalité. Des études
scientifiques ont montré que sur 10 personnes
"Le suicide en Belgique:
des préjugés et un
tentant de se suicider, 8 donnent l'un ou l'autre
manque de prévention
signal auparavant."
et de suivi." (non signé)
source: Test Santé
Renchérissant en quelque sorte sur les "conclusions" du point (28) ci-avant, voici un bel exemple de logique fautive, de sophisme caractéristique de "logique psy". On peut trouver ce syllogisme quelque peu débile à cette adresse -http://www.medinet.be/shownews.asp?ID=1637 - daté du 24/11/2003.
Tout individu tant soit peu logique devrait se douter que, pour démontrer le caractère prétendument erroné de l'idée préconçue dénoncée, il aurait fallu établir le nombre de personnes qui, après avoir exprimé des idées suicidaires, sont effectivement passées à l'acte. Or, selon les "chiffres" mêmes fournis par "l'enquête" citée (et même si seuls des "pourcentages" [et non des nombres!] sont rapportés, entachés d'incohérence et de "flou artistique" peu dignes d'une
"étude" sérieuse et pas vraiment compatibles avec un "travail" réellement utile): 19% des Belges auraient pensé au suicide dans l'année précédant le questionnaire, 42% n'en auraient pas parlé (58% en auraient donc parlé); on peut en déduire que 11% des Belges auraient exprimé des idées suicidaires dans l'année; mais 2% ("seulement"?) des Belges auraient fait une tentative de suicide dans l'année;
mais 0.02% des Belges ("seulement"?) seraient morts par suicide dans l'année précédant le
questionnaire (rappelons que la "population belge" compte entre 8 et 9 millions d'adultes).
Au vu de ces "chiffres", ne serait-on pas en droit de supposer que les idées reçues du grand public sont pour le moins aussi plausibles, sinon même plus justifiées, que les conclusions des doctes analyseurs "d'enquêtes" (à la noix)? Ces derniers n'auraient-ils pas, à leur insu (quoique de leur plein gré), peut-être donné raison précisément à ceux qu'ils accusent de nourrir des préjugés 30. a) "[.] la psychanalyse n'est en rien une
pratique médicale, [.]"
"Psychanalyse:
thérapeutique ou religion?"
"[.] vous n'entendrez jamais aucun médecin ni
aucun psychologue, entretenant à la clinique un
La Libre Belgique
rapport éthiquement authentique (sic), considérer
sa formation universitaire comme une garantie
"Réglementer la
suffisante de sa pratique psychothérapeutique."
psychothérapie?"
par Y. Depelsenaire
"La psychanalyse française
b) "la réforme [.] excluera de ce métier tous les
en danger de mort?
"laïques" du freudisme".
Mobilisation"
par B. Delattre
Les projets ministériels belges de règlementation de l'exercice des "psychothérapies" (dont "les psychothérapies par la parole"), qui avaient été avancés, notamment par la ministre Magda Aelvoet, semblaient avoir été mis "en veilleuse" depuis que Mme la ministre avait quitté le gouvernement fédéral. Toutefois, ce sujet fait actuellement débat en France, si bien que nos psychanalystes belges se saisissent de l'occasion pour protester à nouveau contre le spectre menaçant de la "subordination" annoncée des psychothérapeutes aux Nous avons ici une illustration supplémentaire, tout d'abord du double langage des héritiers de Freud, et ensuite de ce que c'est, pour eux, qu'être psychanalyste.
Si certains psychanalystes avouent aujourd'hui que "la psychanalyse n'est en rien une pratique médicale", par contre le fondateur et pape de ce "mouvement", Sigmund Freud lui-même auquel ils se réfèrent encore toujours et en permanence, disait bien dans ses "leçons": "Je dois toutefois supposer que vous savez que la psychanalyse est un procédé de traitement médical de personnes atteintes de maladies nerveuses." (Introduction à la psychanalyse, 1916-1917, Trad. S.
Jankélévitch, Payot 1962) (bien avant Mr Depelsenaire et bien mieux que lui, Molière, déjà, faisait dire au Sganarelle du 'Médecin malgré lui' qui plaçait le coeur à droite et le foie à gauche: "Oui, cela était autrefois ainsi; mais nous avons changé tout cela").
Certains psychanalystes ne risquent pas l'apnée, qui invoquent un "rapport à la clinique authentiquement éthique" (!!) alors que même leurs grands coryphées n'ont pas précisément donné l'exemple convainquant de pareil souci d'éthique, et envers leurs propres patients
cette fois, et on sait que la "guérison" de leurs patients souvent leur importait moins que le nombre des "consultations" et la durée de la "psychothérapie".
De surcroît, ne parler que d'une"garantie suffisante de sa pratique psychothérapeutique", c'est tromper grossièrement son monde. Aucune formation, qu'elle soit universitaire ou autre, ne peut jamais offrir de "garantie suffisante" de quelque pratique que ce soit. Pourquoi donc ne parle-t-on pas plutôt des conditions nécessaires pour que des "garanties suffisantes" soient
possibles? Et suffisant à quoi?
Ainsi, entre autres et multiples exemples possibles, n'importe quel magicien de music-hall, n'importe quel illuminé à la langue bien pendue (pour ne pas dire un gourou, un charlatan ou un escroc) peut suggérer, à tort mais avec beaucoup d'apparente autorité, que les indispositions, gênes, voire douleurs prémenstruelles que certaines femmes peuvent parfois ressentir sont liées au cycle lunaire, et en tirer de prétendues recettes thérapeutiques aux "garanties" fournies par d'imaginaires "sélénites", c'est-à-dire tout sauf "suffisantes" pour soulager les maux de ses patientes. Et ces "garanties" ne seront pas plus présentes si le "psychothérapeute" est astronaute et peut se vanter d'avoir, lui-même, un jour marché sur la lune! Par contre, si le "thérapeute" a obtenu un diplôme de docteur en médecine décerné par une université reconnue, ce diplôme atteste bien - et de manière vérifiable par tous [il
"garantit"] - que l'enseignement dispensé par cette université comporte des cours d'anatomie humaine, d'embryologie, de physiologie, d'endocrinologie, etc., fournissant à ses élèves les connaissances de base préalablement indispensables au traitement efficace des troubles
de ses patientes. Ces connaissances-là, ce n'est pas sur la lune qu'on obtient la garantie de pouvoir les acquérir, ni en assistant à des cours de philosophie ou de philologie! Dans toutes les "formations", les "garanties suffisantes" ne peuvent jamais porter que sur l'enseignement dispensé, pas sur ce que les enseignés en feront. C'est pourquoi il y a de bons médecins, et d'autres qui le sont moins. Cela vaut aussi pour les plombiers et les pianistes, etc.,.
La psychanalyse n'est effectivement pas un acte médical. C'est une mystagogie, un "parcours" qui se veut "initiatique", un recueil de rituels auxquels certains veulent prêter des vertus magiques.
Elle est la négation de tout ce qui fait la vraie fierté de l'Homme: son intelligence et sa rationalité, son sentiment et son besoin d'appartenir à une seule espèce: l'humanité. La psychanalyse ne respecte pas l'intégrité de la personne de ses patients, ce respect pourtant devrait être à la base de l'éthique de tout thérapeute. Qu'ils ne parlent donc pas d'éthique de la psychanalyse; les psychothérapeutes freudiens se l'inventent au gré des circonstances et de leurs propres besoins.
La psychanalyse, par nature et comme toutes les "religions", ne peut se soumettre à aucune évaluation critique rationnelle. Par conséquent aussi, elle ne peut "soigner" aucune maladie.
Même si elle prétend le contraire, elle ne peut apporter aucune "garantie suffisante" de quoi que ce soit: ni sur "l'enseignement" qu'elle prétend inculquer, et encore moins sur ce que les adeptes On désigne une partie de ceux qui croient à la psychanalyse du nom de "laïques", ce qui
sous-entend nécessairement qu'il y en a aussi d'autres, qui sont des "initiés". Et puis, il y a tous
Comme ces appellations le suggèrent, et comme, de plus, il est basé sur le dogme, le freudisme
se voulait au départ une nouvelle religion bien plus qu'une véritable thérapie des maladies mentales. La plupart des religions qui s'affichent comme telles promettent le salut des ames, leur immortalité et la sérénité dans un autre monde.
La psychanalyse et le freudisme ont tout d'abord prétendu soigner et guérir, ici-bas et maintenant, les "désordres de l'âme", mais ces prétentions jamais vérifiées (auxquelles aujourd'hui les adeptes eux-mêmes hésitent à renoncer ouvertement) ne parviennent pas à masquer les intentions véritables du mouvement: servir les intérêts de ses maîtres et leur asservir les croyants qu'ils appellent commodément "patients" pour s'en assurer la clientèle (voyez aussi le livre de Jacques Bénesteau renseigné à notre rubrique "Livres").
Que ceux qui voient "la psychanalyse [française] en danger de mort" se rassurent: la psychanalyse ne risque pas grand-chose aujourd'hui. Le succès des médiums, voyants extra-lucides, diseuses de bonne aventure et autres cartomanciennes, gourous et autres marabouts ne se dément pas, l'abondance des petites annonces des dernières pages de nos journaux en atteste à suffisance.
Comme l'a dit A.K. Dewdney: "The fact that we have no working theories will make little difference to the psychiatric profession as a whole for the simple reason that we will always seek help when confronted by the terrifying unknown. On the day when some non conscious process makes its presence felt, suddenly surfacing in the form of paranoia, obsession, panic, paralysis, or even hallucinations, we would seek help even from psychics." (A.K. Dewdney: "Yes, we have
no neutrons - An Eye-Opening Tour through the Twists and Turns of Bad Science", p. 61. Wiley
& Sons, Inc., New York 1997, ISBN 0-471-29586-8) ("Le fait que nous n'ayons pas d'hypothèses de travail ne fera globalement guère de différence pour la profession de psychiatre, pour la simple raison que nous rechercherons toujours de l'aide quand nous serons face à la terreur de l'inconnu. Le jour où un quelconque processus inconscient se ferait sentir, surgissant soudain sous la forme de paranoïa, d'obsessions, de panique, de paralysie, ou même d'hallucinations, nous rechercherions de l'aide même auprès de médiums.") 31. "Cette Charte a trois objectifs :
améliorer l'acceptabilité des pathologies mentales,
L'amour entre hérissons?
en finir avec la stigmatisation de la maladie mentale,
Avec des précautions!
appeler à la prudence par rapport à la façon de relater
du Centre démocrate Humaniste
les suicides et tentatives de suicides."
Il s'agit de la "Charte de communication sur les
"Relation des suicides
pathologies mentales" que les stratèges et penseurs du CDH
par les médias"
(notre parti du "Centre Démocrate Humaniste") proposent aux
médias d'adopter dans "le cadre d'une politique publique
de santé mentale" Prenons d'abord le risque de tenter de traduire ce texte en français à peu
près correct et compréhensible. (Selon le "Petit Robert", l' "acceptabilité" est un terme
didactique de linguistique qui désigne le caractère d'une phrase acceptable pour la syntaxe et pour le sens [correcte et signifiante]). Nous pencherions donc plutôt pour l'interprétation suivante du "premier objectif": "rendre
plus acceptables les pathologies mentales", elle nous paraît la plus plausible.
Cependant, aussitôt, une difficulté surgit: d'un point de vue sémantique, cet objectif ressemble désormais à une reddition suite à la défaite! En effet, rendre les pathologies mentales plus acceptables, n'est-ce pas en quelque sorte déjà les accepter, s'y résigner? Est-ce cela qu'on nous propose? Mais, qu'on y songe, parle-t-on, par exemple, d'accepter le cancer, la tuberculose ou le SIDA, faudrait-il s'y résigner sans les combattre? Alors, pourquoi accepter les "pathologies Il nous faut donc, probablement, encore nuancer notre interprétation. Peut-être les technocrates de la communication du CDH ont-ils voulu dire qu'il voulaient "rendre les malades mentaux
plus acceptables" (mais comment? En leur imposant le port de la cravate en société?), ce que,
quand même, en bons "communicateurs", ils auraient pu s'efforcer d'enrober d'une "approche" plus respectueuse de leur prochain défavorisé (plus humaine sinon "humaniste") en disant simplement et en bon français, cette fois, que "nous devrions nous efforcer de mieux
accepter les malades mentaux parmi nous". Là, nous pourrions peut-être les approuver,
mais si c'est bien là ce qu'ils avaient l'intention de nous dire, pour quelle raison - d'obscure politique? - fallait-il employer pour cela une terminologie hermétique d'oracle grec antique? Mystère, en effet. (autre mystère: les bons apôtres du CDH ne se demandent pas si les malades mentaux accepteraient, eux, de s'insérer parmi nous, où aucun espace de société acceptable à leurs yeux n'est prévu à leur intention).
Le deuxième objectif serait d' "en finir avec la stigmatisation de la maladie mentale".
J'ai déjà rappelé à plusieurs reprises sur ce site que prétendre qu'une maladie serait stigmatisée n'est qu'une absurdité. On ne stigmatise pas une maladie, on ne stigmatise pas des événements indépendants de la volonté humaine, on ne stigmatise pas la nature. Certains peuvent dire qu'ils stigmatisent, par exemple la guerre, événement résultant de la stupidité de l'homme. Il serait cependant plus juste de dire qu'ils stigmatisent les fauteurs de guerre, les responsables. Nos donneurs de conseils, experts CDH en communication auraient eux-mêmes pu dire qu'il faudrait "en finir avec la discrimination des malades mentaux". Mais on s'aperçoit alors que ce
"deuxième objectif" n'est que la répétition fidèle du premier, et que la "Charte" proposée se
réduit en fait à deux objectifs (ce qui pourrait paraître un peu maigre à certains).
Le "troisième objectif", (en réalité le second et dernier), n'est que l'appel adressé aux médias,
pour qu'ils fassent preuve de prudence quand ils relatent les cas de suicide et les tentatives de suicide, car les penseurs du CDH s'imaginent que le récit qu'on en ferait pourraît avoir un "effet
incitatif" (sic). Même si cette supposition était vérifiée - ce qu'elle n'est pas! - nos donneurs
de conseils du CDH se gardent bien de dire en quoi, concrètement, la "prudence" du discours des médias pourraît consister. Sans doute les médias devraient-ils, dans l'esprit des stratèges du CDH, transposer aux journalistes rapportant des suicides, le comportement des hérissons faisant 32. "dans sept cas sur dix, [.] la prise en
Mis en ligne le 5 avril 2004 sous l'intitulé charge n'aboutit pas à la rémission,
Psychiatrie ou liturgie catholique?
c'est-à-dire la guérison complète."
en réaction à l'article paru le 2 avril 2004 dans La Dernière Heure, intitulé
C'est ce qu'on apprend à la lecture d'un articulet intitulé "Dépression souvent mal soignée".
"Dépression souvent mal soignée"
par J. M.
Le journaliste n'aurait-il pas confondu prise en charge psychiatrique avec confession catholique et rémission de ses péchés, guérison complète avec absolution? Nous savons que les psys sont nos nouveaux prêtres, mais de là à supposer qu'ils distribuent des hosties en guise de neuroleptiques, ou que les prêtres fassent l'inverse.
33. "Le mal de dos a une origine psychologique
dans 90 pc des cas".
Cause à ma tête,
(le bas de) mon dos est fatigué
"L'immense majorité des patients présentent
des lombalgies aspécifiques sans aucune
explication biomédicale. Il faut donc sans
doute en chercher la cause plutôt
entre les oreilles qu'entre les vertèbres."
"Entre les deux oreilles"
par Jan Vanderveene
C'est ce que concluent - avec beaucoup d'assurance - les journalistes ayant été informés du contenu de la "thèse de doctorat" d'une psychologue de l'université de Gand. Celle-ci affirme pourtant que "Le médecin doit assurer à ses patients qu'aucun signe de maladie sérieuse n'a été trouvé, que la lombalgie n'est pas un symptôme de maladie grave mais bien un signe d'un manque de condition du dos." (nous soulignons).
S'agirait-il donc d'un nouveau syndrome psychosomatique, la "psycholombagie inconditionnelle"? Cette affection serait-elle de la compétence d'une nouvelle spécialité qu'on devrait appeler la psych(o-o)to-méso-thérapie rachidienne? En réalité, où est l'erreur? L'erreur est de croire que, parce qu'on n'est actuellement pas encore capable de trouver "l'explication biomédicale" à un symptôme, il faille nécessairement lui inventer une "explication psychologique" arbitraire. Ce besoin d'explication, malgré l'ignorance légitime qu'on se refuse à avouer, c'est lui qui est à l'origine, par exemple de la psychanalyse et de la médecine psychosomatique: quand le médecin ne sait pas ce que vous avez, "c'est
sûrement psy".
34. "Dans le monde du scientisme dominant qui
nous gouverne."
Les neurones à la lanterne.
".Cet homme comportemental n'aurait plus
Cognition = Oppression
d'autre destin que celui de se soumettre à
en réaction à l'article paru dans le n°627, l'impératif d'une fin de l'histoire. Pour son plus pp. 242-244 de avril-mai-juin 2004 de la revue
grand bonheur, il devrait renoncer à toute
forme de liberté pour devenir l'esclave de ses
"Le Club de L'Horloge et la
neurones et de sa cognition: ni affect, ni
Psychanalyse: Chronique d'un
souffrance, ni parole ni rébellion.[.]".
antisémitisme masqué"
par Elisabeth Roudinesco.
Telle est, selon Mme Elisabeth Roudinesco, la détestable vision de "l'esprit" de l'homme - ce qu'elle appelle "l'homo pharmacologicus postmoderne" que, paraît-il, voudraient promouvoir les partisans des neurosciences, de la psychologie scientifique et Allons-nous pouvoir nous féliciter d'ajouter enfin aux autorités intellectuelles et lumières morales de notre temps des personnes qui, comme l'auteur de ces lignes, revendiquent avec tant de franchise, de liberté et de conviction spontanée (sans neurones ni cognition?) de s'affranchir de l'intolérable esclavage de leurs neurones et de leur cognition? 35. "Les psychiatres ont qualifié le prévenu de
Mis en ligne le 16 août 2004 sous l'intitulé psychotique responsable".
Récidive annoncée mais ignorée
en réaction à l'article paru le 31 juillet 2004 Dans un fait divers paru dans la Dernière Heure et intitulé "Il s'exhibe en pleine rue devant une petite fille", on pouvait prendre connaissance de la condamnation prononcée à "Il s'exhibe en pleine rue
Liège (rapportée par la journaliste Sarah Rasujew, tribunal devant une petite fille"
et date non précisés) à l'endroit d'un prévenu de 46 ans par Sarah Rasujew
d'origine polonaise. Cet homme, accoutré en travesti, s'était octroyé, le 12 novembre 2003, une petite satisfaction masturbatoire sur la voie publique (à Liège) et, depuis, avait aussi (le 25 juin de cette année 2004), soulagé sa vessie au milieu du trafic automobile (la journaliste ne nous dit pas comment cette personne a meublé ses loisirs dans Le prévenu, que les psychiatres auraient qualifié de "psychotique et responsable" (sic) a écopé de huit mois de prison et de 500 euros d'amende. Il a pris la chose avec le sourire et aurait annoncé qu'il recommencerait. "D'ailleurs, aurait-il déclaré, Sylvie Vartan se trouve chez moi et elle peut jouer avec mon sexe quand je veux!".
Dans le contexte de l'actualité criminelle et judiciaire franco-belge que nul ne peut ignorer, quand, de plus, on sait la qualité et l'efficacité des thérapeutiques psychiatriques en milieu carcéral, nos experts et nos juges prennent sans aucun doute des décisions pleines d'une sagesse fort 36. ". Comparer en effet psychanalyse et
homéopathie, c'est mettre sur le même plan les
extraordinaires élaborations théoriques de Freud
Les donneurs de bémols
et de Lacan, d'une part, et les écrits obscurantistes connaissent-ils la musique?
de Hahneman, d'autre part. C'est comparer un
penseur monumental à un homme qui a in fine eu
pour vocation de freiner la modernité qui
s'annonçait en médecine comme dans d'autres
"Un bémol pour Van Rillaer"
domaines. Et ce n'est pas Freud qui sort diminué
par le Dr Maurice Einhorn
de ce bras-de-fer (sic) dans lequel Jacques
Van Rillaer s'est lancé dès le début de sa carrière."
Extrait de "Un bémol pour Van Rillaer" (Dr Maurice Einhorn), encart "d'opinion" (empreint
d'une courtoisie et d'une "objectivité" qu'on appréciera) inséré par le rédacteur en chef du périodique médical belge "Le journal du médecin" dans une interview du professeur Van Rillaer.
Ceci afin, selon le Dr Einhorn, d'éviter une "quelconque pensée unique" (sic). Ne pourrait-on être tenté de dire plutôt: pour, "d'autorité rédactionnelle discrétionnaire", réaffirmer les convictions personnelles du rédacteur en chef et exprimer sa mauvaise humeur et son animosité envers l'interviewé. Le contenu des propos, pourtant fort mesurés du professeur Jacques Van Rillaer à l'occasion de la parution chez Odile Jacob de son livre "Psychologie de la vie quotidienne" - justifiait-il les aigreurs, les inexactitudes tendancieuses et les attaques ad hominem envers un invité dans les colonnes du périodique? Aux lecteurs d'en juger et d'apprécier l'élégance du Quoique le Dr Einhorn semble l'ignorer, les "extraordinaires élaborations théoriques de
Freud et de Lacan" et les "écrits obscurantistes de Hahneman" procèdent d'un "mode de
pensée" en effet très comparable chez Freud et chez Hahneman, et sont le produit d'une mentalité magique et prélogique que ces deux hommes partageaient, quoiqu'à cent ans d'intervalle. Et cette mentalité, selon toutes apparences encore fort répandue de nos jours (même chez certains porteurs d'un diplôme de médecin), Lacan l'exploitera plus tard pour son propre compte chez ses admirateurs et à leurs dépens, ce qu'il masquera en recourant à une logomachie hermétique, aussi exubérante que creuse, absurde voire ridicule, témoignant ainsi du peu de cas qu'il faisait des capacités intellectuelles de ses contemporains et du médiocre respect qu'il avait de leur humanité.
Friedrich Hahneman et Sigmund Freud étaient tous deux de leur temps et, chacun, ils exprimaient les idées qui avaient cours à leurs époques respectives: Friedrich Hahneman était médecin mais aussi apothicaire et proche encore des alchimistes, il "pensait" à leur manière.
Sigmund Freud, viennois né un siècle et un an plus tard que Hahneman, baignait dans un climat et un milieu où les sociétés plus ou moins secrètes, l'ésotérisme et toutes sortes de mythologies fumeuses jouissaient d'une certaine faveur, d'un prestige "littéraire" et flattaient un certain "romantisme". A lui de mettre ces circonstances à profit pour exploiter la crédulité et le snobisme Freud lui-même s'est défendu d'être un penseur et un scientifique; il se voulait plutôt "conquistador" (voyez sa lettre du 1er février 1900 à son ami Wilhelm Fliess, médecin berlinois pour le moins "allumé"), c'est-à-dire qu'il voulait être une sorte de premier découvreur de terres inconnues dont il détiendrait désormais le monopole, tout à la fois de la découverte, de la connaissance et de la domination sans partage, sans oublier qu'il comptait bien, en sus, y conquérir une renommée universelle. Il ne semble pas avoir reculé devant aucun des moyens (rarement excusables pour un médecin, jamais admissibles pour un scientifique), techniques d'enrôlement de recrues et de "relations publiques", à mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins et pour persuader de ses succès thérapeutiques imaginaires un nombre aussi grand que possible de jobards (je renvoie au livre récent de Jacques Bénesteau - voir la rubrique LIVRES - qui permet aux francophones, enfin! de se documenter sur le sujet sans être désinformé par l'hagiographie et la mythologie). Et si, d'une certaine façon, on peut admettre que l'homme fut monumental, ce n'est pas par le contenu de sa "pensée". C'est par sa mythomanie et l'acharnement, l'obstination avec lesquels il mit sa plume d'une extraordinaire prolificité au service de sa mégalomanie tout De nos jours, tant les "raisonnements" prélogiques et obsolètes de Friedrich Hahneman, que les constructions mythomaniaques de Sigmund Freud ne devraient plus constituer que des notes de bas de page intéressant surtout l'historien de la médecine. Nombreux sont nos contemporains qui pourtant continuent de partager avec Hahneman et Freud leur mentalité prélogique. Les "professionnels" parmi ceux-là ont alors, en effet, tout intérêt à faire de ces deux hommes des idoles de qui se réclamer, des idoles qu'on sait (veut croire) irréfutables, qu'on peut évoquer et invoquer à tout propos, références éternelles et bien commodes pour se dispenser de s'instruire réellement de ce qu'on sait et de ce qu'on pourrait apprendre, pour se contenter de croire à ce qu'il Mais n'est-ce pas là précisément, ce que certains, dont le Dr Einhorn lui-même, appellent "freiner la modernité" et que je nommerais, moi, l'obscurantisme délibéré faisant fi du libre examen, faisant obstacle au progrès de nos connaissances? 37. "Notre manière de concevoir le cheminement
des personnes souffrantes fait partie d'un
Laissons se débrouiller
mouvement international de remise en question
(c'est plus facile pour nous)
des pratiques courantes en matière de santé
ceux qui ne peuvent
mentale. Il s'agit d'un changement d'attitude
y parvenir d'eux-mêmes?
général (sic) restituant le pouvoir aux patients
pour qu'ils retrouvent le contrôle de leur vie, à
dans Le Courrier, intitulé
l'opposé d'une démarche plus 'paternaliste'. Nous
"Il faut restituer le pouvoir
remettons en cause le modèle fondé sur un
aux patients psychiatriques"
traitement qui se base principalement sur la
médication et la stabilisation de la maladie. Pour
Christophe Koessler
nous, c'est au patient que revient le rôle principal,
pour améliorer ses conditions de vie.", etc., etc.
Nous sommes face à une traduction littérale du slogan lancé il y a quelques années par les "grandes" associations dans les pays anglophones, pronant "the empowerment" (l'appropriation du pouvoir) par les malades mentaux psychotiques.
Tous ceux qui, à des titres divers, s'intéressent au sort des malades mentaux chroniques, ne peuvent que s'étonner de ce complet revirement d'attitude: "the empowerment" d'aujourd'hui (en Suisse) prend le contre-pied de l' "assertive outreach" (aller vers les malades, la démarche

Source: http://www.mens-sana.be/docu/opinion.pdf

Microsoft word - doplis2005_def.doc

LISTE DER VERBOTENEN WIRKSTOFFE UND METHODEN (DOPING-LISTE) gültig ab 1.1.2005 LISTE DES SUBSTANCES ET MÉTHODES DOPANTES INTERDITES valable dès 1.1.2005 Die Anwendung aller Arzneimittel sollte sich auf medizinisch gerechtfertigte Indikationen beschränken L'utilisation de tout médicament devrait être limitée à des indications médicalement justifiées

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EDUCACION, SOCIEDAD Y CULTURA: EL SENTIDO DE LAolo este pa´ıs, se adentra en tiempos arduamente dif´ıciles. No es pecar de exagerados si seafirma -y se parte de ello, en consecuencia, para todo nuestro hacer cotidiano- que estamos a las puertas deuna crisis cuyas ra´ıces calan m´as hondo de lo que hasta hoy se supone y que habr´asticos en lo que ha sido nuestro “modo de vida”, sea

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